Lundi 11 février 2008

Après quelques semaines de somnolence, ce blog se réveille avec un petit tour photographique à travers, la Bolivie bien entendu, mais aussi quelques bribes du Brésil et du Paraguay.

 

Après des fêtes de fin d’années vraiment pas comme les autres, à manger des piranhas lorsque d’autres se goinffraient de foie gras, à passer cinq jours dans une hacienda du Pantanal, région sauvage de l’Ouest Brésil, des heures dans des bus ou des trains tous plus chaotiques les uns que les autres, et un passage à Asuncion, ville fantôme, place à une explorarion purement bolivienne, du Salar d’Uyuni, plus grand désert de sel d’Amérique Latine, en passant par la jungle du Chapare sous une pluie torentielle, ou encore Santa Cruz et les anciennes mines d’argent de Potosi…

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Tout commença donc par une halte à Santa Cruz, ville centrale de Bolivie rvendiquant son autonomie et faisant partie de la fameuse Media Luna, nom désignant les quatre provinces les plus riches de l'est du pays formant géographiquement un croissant de Lune. La cathédrale sur la place principale.

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L'Hôtel de ville.

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Nooormal......

 

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Pour aller de Santa Cruz jusqu'à la frontière brésilienne vingt heures de train s'offraient à nous. Un train chaotique, appelé jusqu'au début des années 80 le "train de la mort" : étant donné le niveau élevé des tarifs pour la population locale, c'était caché sur le toit des wagons que les passagers effectuaient la traversée, souvent propulsés par-dessus bord suite aux violentes secousses de la micheline.

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Bienvenus au Brésil, à l'orée du Pantanal, région sauvage de l'Ouest du pays. Un casi "no man's land" représentant plus de six fois la France, peuplé de grandes propriétés fermières, de toutes sortes d'animaux sauvages et surtout...de moustiques.


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Ah bon...

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Les fameux piranhas...

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...et les pseudo pêcheurs...

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Bon..il y a quand même pas mal d'arrêtes...mais c'est vraiment pas mauvais.

 

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...

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Après le Brésil, un passage éclair au Paraguay et sa capitale Ascunción. Et voici le plus beau souvenir de ce passage dans cette ville...fantôme. Au coin d'une rue de la place principale, une petite boutique, semblable au bouquiniste des quais de Seine, emplie de trésors, des bouquins aux posters collectors, en passant par des balles de AK-47 de la guerre du Chaco du début du siècle, tenue par une bande de paraguayen du troisième âge sirotant du vin argentin...mythique. On a pas pu décoller. Une après-midi entière à partager bavardages, victuailles, parties d'echec...une rencontre inoubliable, des gens tellement intéressant, conclue par l'ouverture, prévu initialement pour le nouvel an, d'une de nos deux bouteilles de Bordeaux ( un trésor ici ) ramenée de France. On a promis de repasser au coin de cette rue...ce sera chose faite...

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Retour en Bolivie. Avec quelques photos, tout de même, d'une des collines surplombant la ville, de...Cochabamba.

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re ah bon...

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Coucher de soleil sur la ville adoptive.














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Place à quelques photos du Chapare, région tropicale dans le Nord du département de Cochabamba. Une jungle verdoyante et humide dans laquelle on chemine souvent la tête dans les nuages. 

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...

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Le  Chapare a connu ces dernières semaines le passage d'une sorte de mini cyclone appelée "la ñina". Comme souvent lors de la saison des pluies qui court en Bolivie à travers les mois de Décembre, Janvier et Fevrier, des très forte crues perturbent l'existence des locaux. Mais cette année, plus de 30 000 chapareños ont tout perdu au cous de ces précipitations anormalement violentes...

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Le "pont de Incas"...datant comme son nom l'indique du temps où cette ancienne civilisation peuplait la région. Malgré le fait qu'il soit régulièrement renforcé...

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...c'est quand même pas rassurant...

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Direction ensuite le Sud du pays, et les fameuses mines de Potosí. Située à plus de 4000 mètres d'altitude, ville la plus haute de Bolivie avec La Paz, Potosí abrite donc les plus célébres mines d'argent d'Amérique Latine. Avant la période de colonisation espagnole, Potosí à même jouit pendant près d'une centaine d'années du statut de ville l'une des plus peuplées du monde tant ces trésors d'argent lui permirent de se développer. Jusqu'à l'arrivée des espagnols, qui exploitèrent et pillèrent les montagnes d'argent. Aujourd'hui, même si l'argent a casiment disparu, les mines continuent d'être exploitées, et en les visitant c'est malheureusement souvent de très jeunes garçons que l'on voit pousser sur les rails des chariots pesant près d'une tonnes de matériaux.

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la fine équipe...

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Voici le Dieu de la mine, la statue que les mineurs vénérent et qu'ils couvrent d'offrandes de toutes sortes, telles des feuilles de coca, des cigarettes de mineurs ou encore de l'alcool de mineurs, à 96 degrés, s'apellant tout bonnement "Alcool", et permettant aux mineurs de tenir le coup...
Ce Dieu est appelé le "Tío", oncle en espagnol, non pas qu'il soit considéré comme un oncle, mais tout simplement à cause de l'absence, dans l'alphabet Quechua, de la lettre D. Ne pouvant, alors, pas l'appeler "Dio" (Dieu), le T a donc au cours des siècles remplacé le D.

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Encore plus au Sud de Potosí, s'étend le Salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel d'Amérique Latine. C'est juste un paysage ahurissant, surtout lorsque l'on a la chance de le voir jonché des quelques centimètres d'eaux apportés pas les pluies...

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La terre est alors le miroir du ciel...

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et les silouhettes au loin sont perdues entre ciel et terre.












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Au bord du Salar, des ruines de la période pré-incas.


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Voici Mosquetero, l'un de nos partenaires d'ascencion d'une colline...

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(enfin colline dont le sommet est tut de même à 4000m d'altitude) de laquelle on domine à la fois le Salar et les communautés alentours...

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Pour finir, sur le chemin du retour, entre Uyuni et Oruro, la saison des pluies, encore elle, ayant fait déborder un des fleuves longeant les rails, voici l'endroit où notre train resta bloqué pendant près de trois heures. Obligé, alors, de gravir la colline pour prendre des photos, mais surtout...

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 pour se fair offrir par la seule âme qui vive à des kilomètres à la ronde, une grand-mère parlant Quechua, Aymara, out sauf espagnol...

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un petit déjeuner...




Par franck
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Vendredi 30 novembre 2007
IMGP0358--576-x-768-.jpg Un Morales "en papier" , brûlé par des manifestants,  il y a deux semaines, à Cochabamba



Au lendemain d’une grève générale de vingt-quatre heures dans six des neuf provinces du pays (Pando, Beni, Tarija, Santa Cruz, Chuquisaca, Cochabamba),  la Bolivie se réveille aux prises à une situation politique  davantage polarisée. Ponctuée d’affrontements, de blocages d’ artères principales et de virulentes manifestations, la journée d’hier n’a en effet pas contribuée à apaiser les esprits. Avec un gouvernement impassible et une opposition de plus en plus brutale la situtation continue de se radicaliser.

 

Ce « chômage civique », comme le surnomme les boliviens, était donc organisé par ces provinces afin de marquer non seulement leur refus de la toute nouvelle Constitution Politique d’Etat (CPE) du gouvernement d’Evo Morales,  mais également leur solidarité envers les « martyrs » de Sucre, trois jeunes opposants décédés lors des violents affrontements avec les forces de l’orde qui avaient émaillé, le week-end dernier, la ville de Sucre.

En effet, dès le vendredi 22 novembre  débute à Sucre une vague de violence entre les forces de police, gardiennes du Liceo Militar de la Glorieta, dans la banlieue proche de Sucre où se déroulait une nouvelle session de l’Assemblée Constituante, et une foule de jeune opposant organisée tentant d’assaillir les lieux.

Le samedi, après la lecture du nouveau texte constitutionnelle, l’ensemble des députés présents, c’est-à-dire uniquement ceux du Mouvement vers le Socialisme, parti d’Evo Morales, votaient, à main levée et sans détailler les différents articles, la nouvelle Constitution  de la République bolivienne, alors qu’à l’exterieur, dans le même temps, la bataille n’avait pas cessée, et un premier étudiant, Gonzalo Duran, succombait à un impact de balle dans l’abdomen.

Le dimanche, alors que les constituants avait été évacué du Lycée militaire éscortés par les autorités, des bandes de jeunes continuaient à se mesurer à la police  et à incendier leurs  installations. A la mi-journée, on apprit la mort d’un autre jeune, Juan Carlos Cerrudo, suite à une blessure provoquée par l’impact d’une grenade lacrymogène. Lundi, deux autres décès furent annoncés, celui de José Luis Cardoso, atteint d’un projectile à la tête, et de Jimmy Quispe Colque, policier, chauffeur d’une patrouille, apparemment pendu puis brûlé par les manifestants.

 

C’est que la ville de Sucre n’a pas encore digéré, en plus de la présence en son sein d’une forte opposition à la politique du gouvernement, le refus de l’Assemblée Constituante de débattre au cours de l’une de ses sessions de la revendication de la cité de devenir « capitale pleine et entière » de la Bolivie. En effet, l’Etat bolivien est aujourd’hui bicéphale. La ville de Sucre, 260 000 habitants, est actuellement la capitale constitutionnelle. Mais, vaincue lors de la guerre civile de 1899, elle n’abrite plus désormais que le pouvoir judiciaire, les autres pouvoirs appartenant à La Paz. Mais pour le gouvernement, les partisans de Sucre ne sont que des pantins soumis  à « l’oligarchie » de la Media Luna, « la Demi-Lune », surnom donné aux quatre provinces les plus orientales et surtout les plus riches de Bolivie, formant géographiquement un croissant de Lune, et farouches opposantes au premier président « indigène ».  Contrariée par l’élément phare du projet Constitutionnel de Morales, la mise en place d’un Etat Plurinational favorisant la reconnaissance et l’autonomie non seulement de niveaux régionaux et départementaux mais également de territoires autochtones dans lesquelles subsisteraient des législations propres, les élites économiques de ces régions, à la tête d’une population fortement métissée et d’un sous-sol riche en gaz-naturel ne cesse de mettre des batons dans les roues de la « Révolution démocratique » du Président, aggravant continuellement la fracture entre ces deux Bolivie. Souhaitant, elles, leurs simples autonomies, elles s’opposent donc à l’Assemblée Constituante, incapable de donner suite à leurs revendications, et qui, par conséquent, s’éternise maintenant depuis plus d’un an faute de l’émergence d’un compromis entres les différents courants politique de l’ Assemblée.

 

C’est donc dans un contexte houleux qu’a été adoptée la nouvelle Constitution Politique d’Etat, sans la présence de l’opposition, à main levée, dans un lycée militaire et alors qu’un jeune venait d’être tuer au cours des affrontements. Selon Ramiro Garcia Perez Vice-President de la Fédération des Entreprises Privée d’Oruro « l’approbation d’une Constitution dans un evironnement militarisé n’est pas démocratique. L’audience aurait du être publique et avec la présence de tous les Constituants afin d’aboutir à une nouvelle constitution représentant l’ensemble du peuple bolivien ». Plus virulent, l’ancien Président conservateur de la République bolivienne et leader de la principale alliance de l’opposition Jorge Quiroga, affirme, lui, que « cette nouvelle constitution a autant de valeur qu’un bout de papier hygiènique usagé ».

De son côté, imperturbable, le Président Evo Morales, disposant toujours d’un soutien sans faille de la majorité des communautés indigènes et du puissant mouvement de cocaleros dont il est issu, voit pourtant progressivement se déliter l’assise qu’il avait su acquérir au sein de la frange la plus pauvre des classes moyennes et urbaines bolivienne et qui lui avait permis d’accéder au pouvoir.  Il souhaite lui une investigation urgente indépendante et impartiale pour que soient jugés les responsables des évènements de Sucre et exprime sa profonde préoccupation de voir les travaux de l’Assemblée Constituante freinés par l’action malveillante de groupes oligarchiques et conservateurs aspirant à un échec du projet constitutionnel. Hugo Chavez, de son côté, grand ami du Président, va même jusqu’à accuser « el imperio », les Etats-unis, d’être à l’origine de ces manifestations violentes et de vouloir perturber l’action du gouvernement de son homologue bolivien.

 

 

Le climat politique que connaît actuellement la Bolivie se révèle donc comme très délicat. L’opposition au gouvernement Morales et aux travaux de l’Assemblée Constituant menée par les quatre provinces de la Media Luna  est de plus en plus virulente, alors que la politique de ce dernier reste, elle, sans concessions. L’heure est maintenant à la recherche d’un lieu plus paisible que Sucre pour l’ultime session de l’Assemblée constituante, afin d’adopter, comme prévu à l’origine, celle-ci, à la majorité des deux-tiers et faire une lecture détaillée des articles dont les principales initiatives sont une forte décentralisation et la mise en place d’un Etat plurinational ainsi que la possible réelection du Président de la République de manière illimitée. Cela ne sera pas chose aisée étant donné le manque de consensus ambient qui régne dans ce pays, que celui-ci soit dans les rues ou au sein de l’Assemblée. Avant que cette nouvelle Constitution  Politique d’Etat ne soit soumise au verdict du peuple sous forme de référendum et que celui ne se transforme, pour le Président de la République soit en plébiscite, soit en une révocation pure et simple, de gré, ou, au vue de la force historique des mouvements sociaux locaux, de force.

 

 

 

 

Par franck
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Lundi 26 novembre 2007

A une bonne demi-heure de Cochabamba, la Planta d'Apote, lieu ou s'effectue la transformation des produits de l'Organisation Economique Paysanne Coraca Protal, est en rénovation.

L'enjeu est double. Réhabiliter et agrandir, d'une part, les locaux de transformations des produits pour gagner en productivité, et construire, d'autre part, de nouvelles infrastructures, dortoirs et salles de conférences, pour permettre aux "socios" de l'association, non seulement de pouvoir être loger après souvent de longues heures de marche pour apporter leurs productions, mais également de connaître alors diverses formations que ce soit dans le domaine de la gestion paysanne ou du tourisme solidaire, et de participer à diverses réunions et conférences.

Toujours dans le cadre d'un accroissement de la souveraineté alimentaire de ces communautés, le but de ce raffraîchissement et de faire de cette Planta d'Apote un véritable lieu à la fois de vie et de travail. Faire en sorte que les membres de Coraca Protal se sentent chez en ayant à leur disposition des dortoirs, des douches, des toilettes, mais également une salle de conférence et une bibliothèque pour les former et par-là même les résponsabiliser dans leur travail quotidien afin de les faire gagner en autonomie.

En cours depuis 2001, cette rénovation tarde à s'achever. Si l'amélioration des locaux de transformation touchent presque à sa fin, la construction des dortoirs et autres salles de conférence est encore au point mort faute de moyens financiers.

Joli projet que cette Planta d'Apote qui se transformera, espèrons-le, à terme, en une véritable unité industrielle d'une Coraca Protal ayant pris une nouvelle dimension. S6300327--704-x-528-.jpg

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Par franck
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Mercredi 21 novembre 2007
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Ouverte depuis maintenant plus de quatre mois, Kampesino constitue non seulement l'unité de commercialisation des Organisaciones  Economicas Campesinas (OECAs) prenant part à ce projet, mais surtout la vitrine promotionnelle de ces dernières. En offrant un débouché nouveau et stable aux diffèrentes OECAs qu'elle soutient, la CIOEC, mère de cette initiative, souhaite accompagner ces communautés paysannes dans l'amélioration de leurs conditions de vie.

Regroupant  huit OECAs, cette initiative a pour but principal la réduction du nombre d'intermédiaires entre les phases de productions et de consommations, et, par-là même, l'accession progressive à la souveraineté alimentaire de ces communautés, autrement dit à une autonomie croissante de celle-ci. En effet, en favorisant la responsabilisation des agriculteurs de ces OECAs dans leur travail agricole et de transformation des matières premières, ceux-ci ne sont alors plus réduits au simple rôle de producteurs.

Tout cela étant notamment renforcer par l'un de autres projets de la CIOEC, le renforcement démocratique et l'apprentissage citoyen ainsi qu'un travail sur les relations entre hommes et femmes au sein de ces communautés. L'objectif général est donc clair : permettre à ces populations agricoles d'atteindre progressivement une souveraineté alimentaire dans le cadre d'une amélioration générale de leur conditions d'existence qui passe par une formation continuelle de ces derniers à l'apprentissage de leurs droits citoyens au sein d'une démocratie.

Une des caractéristiques principales de cette souveraineté alimentaire et sur laquelle s'appuie Kampesino et la qualité des produits qui est assurée par la visite régulière de ces communautés de spécialistes en nutrition qui les forment notamment sur les normes sanitaires à réspecter. D'autres part, dans chaque communauté sont actuellement réalisés des manuels et des registres répertoriant les normes sanitaires nécessaires à la transformation des matiéres premières en produit dérivés dans des conditions d'hygiène optimales. Tout est donc mis en place pour faire en sorte que les produits soient sains et de qualité.

En ce qui concerne justement ces produits, on en distingue plusieurs variétés comme les yogourt, le lait caramélisé et chocolaté des producteurs de laits de Colomi. Il y a également le piment en poudre et le miel de l'OECA Coraca Protal, mais aussi des pâtes, des céréales et diverses boissons...

Ces produits sont donc dorénavant commercialisés par le biais de la boutique Kampesino qui est cependant loin d'être le seul débouché. En effet le projet Kampesino vise une commercialisation plus étendue des produits des OECAs. Ces produits sont également commercialisés dans d'autres boutiques spécialisées, ainsi que par le biais d'accords avec des entreprises privées comme par exemple des hôtels ou des restaurants, et bientôt dans des diverses petites boutiques de quartiers. Surtout, dans le cadre du nouveau programme gouvernemental Comprabol, des accords avec plusieurs municipalités doivent être passés pour permettre l'avènement d'un nouveau et prometteur débouché, le déjeuner scolaire.

Un nouveau projet qui prend son envol, synonyme d'espoir pour ces petites communautés paysannes boliviennes.

Par franck
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Vendredi 9 novembre 2007

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Situé à 3000 mètres d'altitude, Colomi est un petit village de ce que l'on pourrait appeler la banlieue éloignée de Cochabamba. 

Après une heure de "trufi", ponctué par la perspective des paysages arides et montagneux boliviens et des rassurantes gerbes de fleurs jonchant la chaussée tout le long du trajet, c'est la découverte d'un petit paradis tyique. Plus de grands immeubles comme l'on peut en croiser dans certains quartiers de Cochabamba, plus de grandes avenues, plus de traffic automobile intense et loufoque, mais juste des dédales de ruelles sablonneuses, des étales tenus par une population locale ne parlant quasiment exclusivement que le Quechua et ne portant que l'habit traditionnelle, des petits marchés improvisés à l'intérieur du même bâtiment qui sert actuellement de mairie, où encore un plus grand dédié uniquement à la pomme de terre...

Ce charmant "pueblecito" est également la résidence de l'Organisation Economique Paysanne APROLEC (agriculteurs producteurs de lait). Soutenue par la CIOEC Cochabamba, association chargée de coordonner et d'appuyer le travail de ces petites organisations paysannes, et dorénavant par l'unité de commercialisation de celle-ci, Kampesino, APROLEC transforme le lait apporté par ces "socios" en différents produits tels que des yogourts, du chocolat, du caramel, ou encore du beurre. Réalisée à l'heure actuelle de manière très artisanale, la transformation et la commercialisation de ces produits devraient prendre une autre dimension non seulement avec l'ouverture du magasin Kampesino (relais commercial de ces petites organisations paysanne situé à Cochabamba), mais également avec la possibilité, facilité par un nouveau "decret suprême" gouvernemental, de permettre à ces petites organisations paysannes de commercialiser leurs produits via le secteur public et par exemple, via le "déjeuner scolaire". APROLEC pourrait ainsi fournir deux fois par semaine à deux collèges de Colomi, des yogourts et du lait chocolaté, ce qui lui permettrait d'accroître sa production, et par-là même d'améliorer progressivement les conditions de vie de ses "socios". Dans cette optique, une nouvelle "Planta" (lieu où va s'effectuer la réception et la transformation du produit) a été aménagée afin de pouvoir répondre à la nouvelle demande générer par ces nouveaux débouchés.

Cette proposition de déjeuner scolaire devrait être étudier par le Conseil municipal de la ville de Colomi d'ici à la fin de l'année.

Par franck
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Mardi 30 octobre 2007

La sortie sur les écrans le 24 octobre 2007 du film bolivien Evo Pueblo de Tonchy Antezana peut être considérée comme un véritable événement local. Très attendue, cette réalisation cinématographique narre tout simplement la vie du président de la République bolivienne en fonction, Evo Morales. Etrange.

L’histoire commence par les dernières paroles de l’ancien leader indigène Tupac Katari, qui, écartelé pour rébellion par les colons espagnols, soupire qu’il reviendra pour se venger, pour ensuite rebondir sur la naissance, dans une communauté paysanne de l’Altiplano, d’Evo Morales Ayma. S’en suit une biographie touchante et apaisante du Président bolivien. Le récit, tout d’abord, d’une enfance passée à aider ses parents aux durs labeurs agricoles, à jouer  au football avec ses amis sur des terrains caillouteux et poussiéreux, à être un élève brillant et drôle. Une enfance qui laisse à travers elle entrevoir la pauvreté et la désolation de la vie des Aymaras peuplant l’Altiplano. Jusqu’au départ inévitable pour la ville, poussé par des parents conscients qu’il n’y a pas d’avenir pour leur unique fils « en el campo ». C’est alors la découverte du monde urbain, l’’arrivée à Oruro, ville du Sud de la Bolivie, le travail d’ouvrier en bâtiment pour payer les études, et  l’ascension  progressive, du leader syndicale jusqu’à l’homme politique que l’on connaît.

Bien que porté par le doux enchaînement des événements orchestré par une bande originale, faite de musique traditionnelle et urbaine bolivienne, qui s’inscrit comme l’élément positif du film, on en sort perturbé car toujours aussi étranger au véritable processus politique qui a permis pour la première fois à un homme provenant d’une communauté « indigène » de l’Altiplano de devenir Président de la République bolivienne. Très décousue, cette œuvre est avant tout, consciemment ou inconsciemment, faite, comme son titre l’indique, pour « el pueblo » bolivien. Frôlant parfois le récit biblique, elle fait tout simplement du Président en fonction une sorte de messie, un Tupac Katari revenu d’entre les morts, un jeune homme parfait, qui sait, la nuit, défendre son troupeau contre le loups, qui se rétablit d’une maladie grâce à la richesse des plantes de l’Altiplano, qui dribble tout le monde sur les terrains de foot, et qui devient presque par l’opération du Saint-Esprit, comme si cela était écrit, un personnage charismatique et un leader politique.

Propagande ? Non. Juste une œuvre sincère mais un peu naïve, réalisé avec les moyens du bord, qui reflète bien toute la tendre euphorie d’une partie de la population bolivienne, de voir un homme au parcours si souvent similaire au leur, les représenter. S6300174--704-x-528--copie-1.jpg

Par franck
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Lundi 29 octobre 2007
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Cette aventure débuta dans ce que l’on peut décrire comme un immense chaos urbain. Une ville comme déposée dans un creux de montagne, une ville où de la construction la plus élevée, à celle la plus basse par rapport au niveau de la mer, il y a 800 mètres de dénivelé, pour un tout perché à 4000 mètres d’altitude. Une cité où bizarrement il faut grimper pour descendre dans les bas quartiers, où la population pauvre généralement « indigène » vit dans les hauteurs, et la population riche réside tout en bas, là où la chaleur se fait un peut plus sentir. Une espèce de charmant «grand n’importe quoi » qui vous assomme de dépaysement.

C’est un peu comme une constante sensation de tournis. Cette ville vous donne inévitablement le tournis. Vos oreilles ne se reposent jamais, un brouhaha incessant. Lorsque ce ne sont pas les taxis qui klaxonnent pour annoncer, en l’absence de feux rouges, leur passage à un croisement, où les « crieurs » des « trufis » (transports en communs locaux) qui annoncent inlassablement et à la vitesse de la lumière l’ensemble des quartiers desservis, ce sont les vendeuses de la foule de « tiendas » qui fleurissent le long des rues qui vous hèlent pour vous vendre aussi bien du dentifrice que des biscuits, des piles que du papier hygiénique, des souvenirs que des cartes téléphoniques. Les odeurs aussi, s’entremêlent, un peu comme si vous étiez dans un Séphora géant version parfum urbain. Tourbillon couronnée par des sensations étranges causées par une difficile adaptation à l’altitude, le crâne embué et le souffle court, surtout lorsqu’il s’agit d’arpenter des rues qui aurait fait pâlir n’importe quel maillot à pois rouge.

Une altitude qui semblait poser également quelques problèmes aux joueurs de l’équipe nationale de football colombienne venus  se confronter à leurs homologues boliviens pour le compte des éliminatoires de la coupe du monde 2010. Le stade Hernando Silés, située à 3600 mètres d’altitude n’est  en effet pas très oxygéné pour qui n’est pas habitué. Manque d’oxygène qui voit la Fédération International de Football Amateur hésiter à instaurer une altitude  limite pour l’exercice footballistique officielle. Aux alentours et à l’intérieur du stade fleurissent d’ailleurs de nombreuses banderoles revendicatives, comme la très piquante : « Futbol es cuestion de actitud, no de altitud ». Et c'est bien vrai. Ces instances ne se sont jamais alarmées de laisser jouer, en Coupe d'Europe, des équipes espagnoles sous l'hiver moscovite, ou des équipes du Sud de l'Italie sous la mousson anglaise. Le climat fait partie du jeu... Tout cela dans un stade très latino-américain. Un parfait ovale de béton. Avec de jeunes boliviens parcourant les travées en proposant des encas et des boissons. Avec un public qu’on sent fervent mais paradoxalement très silencieux. Une culture football bien d’ici mais toute en retenue, pas encore au même niveau passionel que celle de ses voisins brésiliens ou argentins.

Une ville, une culture qui vous plonge donc directement dans le vif du sujet... Bienvenue dans un autre monde...



Par franck
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Vendredi 26 octobre 2007


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C'est dans le cadre de ma troisième année d'étude secondaire que je réalise un stage à l'étranger au sein d'une association de solidarité internationale, Frères des hommes. Fonctionnant par le biais de partenariats avec diverses ONG des pays du Sud, FdH appuie des projets développés localement, sur les trois continents (Asie, Afrique et Amérique latine).
Tout commença par un stage de formation d'un peu plus de deux mois au siège parisien de l'association. Au cours de ce dernier, il était question de rechercher de l'information et de rédiger des articles pour le mensuel de reportages en ligne de l'association, Résonances. Instruisant les militants et les partenaires de FdH sur diverses actions de solidarité dans les pays du Sud, cette newsletters porte chaque mois, à tour de rôle, sur un continent différent.
Puis vint l'heure de quitter la ville Lumière et de rejoindre nos partenaires boliviens, la CIOEC cochabamba, bras départemental de cette Coordination d'Intégration des Organisations Economiques Paysannes, et Coraca Protal, elle-même organisation  paysanne à part entière, et donc entité de la CIOEC. Le but, lutter pour le renforcement de la souveraineté alimentaire de ces communautés paysannes, c'est-à-dire pour une activité agricole prenant en compte les conditions sociales et environnementales de production des aliments et laissant donc les producteurs s'organiser localement.
Mon rôle sera donc double : contribuer au renforcement de ce partenariat sur place, par la recherche d'inormations sur les projets en cours, et notamment sur le projet Kampesino, entreprise bolivienne née à l'initiative de CIOEC Cochabamba, visant à commercialiser la production des Organisations economiques Paysannes de la région. Elle promeut la vente directe du producteur au consommateur final, et donc la réduction du nombre d'intermédiaires au minimum. Elle se rapproche ainsi d'un aspect du commerce équitable et recherche donc, à terme, la souveraineté alimentaire des communautés paysannes de la région de Cochabamba. Il s'agira également de partciper aux activités de la CIOEC, à l'évolution des projets, ainsi que de saisir le fonctionnement de ces communautés paysannes. Tout ceci en continuant également à contribuer à Résonances par la recherche de sujets d'articles.

Ce blog sera donc l'interface, non seulement de l'évolution de ce travail, mais aussi de toutes les expériences que je vais être amené à vivre en cette terre bolivienne. 

Pour plus d'informations, www.fdh.org

Par franck
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  • : Salut à tous, voici mon blog. Celui qui témoignera de mon passage en terre bolivienne d’octobre 2007 à mai 2008. Il sera une modeste tentative de vous faire découvrir à travers des paysages, des projets, des bribes de vie culturelle ou encore des portraits, des parcelles de Bolivie. Il s’agira aussi de parler d’actualité, de celle d’un pays à la fois en ébullition et en recherche de stabilité et de développement. C’est la troisième ville du pays, Cochabamba, ainsi que ses alentours, qui seront
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